LE REVENU DE DEVELOPPEMENT
LE REVENU DE DEVELOPPEMENT

La généralisation de l'accès au microcrédit

en tant que droit fondamental

 

Le Conseil constitutionnel, dans une célèbre décision en date du 12 janvier 2002, a consacré, à côté du droit au travail, la liberté d’entreprendre comme l’un des grands principes incontournables de la République.

  C’est précisément ce principe majeur  d’une véritable liberté d’entreprendre qui ne soit pas que formelle que dans notre ouvrage Une stratégie globale pour une pleine occupation, notre coauteur Henri Plagnol et nous, nous défendons (en même temps que l’idée du revenu de développement, sous l’expression de revenu de citoyenneté), en recommandant notamment pour favoriser l’entrepreneuriat et la promotion ou la reprise de petites activités, une absolue facilité d’accès au crédit  grâce au recours largement des divers et nombreux documents parus en la matière, et notamment des rapports  que  publie annuellement depuis 2009 l'Observatoire de la microfinance institué en 2006 par la Banque de France, en lien avec la Caisse des dépôts et consignations, ainsi que l'avis sur Le microcrédit : une opportunité économique et sociale ? (mai 2010) du Conseil économique, social et environnemental qui dressent les uns et les autres un véritable état des lieux fort utile à l'analyse du phénomène sous ses multiples aspect

Originedumicrocrédit
Pratique millénaire qui remonterait aux temps de la civilisation babylonienne (il y a 3000 ans), le microcrédit, dans son acception récente, a été conçu et mis en œuvre  par Muhammad YUNUS, un jeune économiste, qui,  ayant fait ses études aux Etats-Unis et revenu en 1972 dans son pays qui venait de prendre son indépendance du Pakistan.

  La Grameen Bank (Banque rurale), qu'il crée en 1976, a déclenché une véritable révolution du microcrédit, en réussissant à obtenir d'excellents taux de remboursement, tout en prêtant à une clientèle pauvre ne disposant pas de garantie matérielle.

La microfinance et les institutions de microfinance

Le microcrédit, en croissance rapide et ayant beaucoup évolué depuis sa fondation, s’est ouvert vers d'autres services financiers : micro-assurance, épargne solidaire, transfert d'argent...pour développer la microfinance, laquelle englobe ainsi toute une gamme de services financiers à destination des pauvres, avec le microcrédit comme principale composante.

  Les activités de microcrédit sont gérées par des organismes spécialisées dans la microfinance qu'à l'échelle planétaire le CGAP (Consultative Group to assist the Poor) définit comme ayant pour mission d'offrir des services financiers de base aux individus pauvres. Les institutions de microfinance se caractérisent par une grande variété d'organisations, diverses par leur taille, leur degré de structuration et leur statut juridique (ONG, associations, mutuelle/coopérative d'épargne et de crédit, société anonyme, banque, établissement financier, etc).

  Ces acteurs de la microfinance, sont, en Europe de l'Ouest et en France, principalement des associations (fonctionnant en réseaux) et des ONG. De plus, les banques classiques sont en train de devenir de plus en plus impliquées dans des activités microfinancières.

Développement du microcrédit

Soutenu par les Nations Unies, l'Union européenne et la Banqu mondiale, ce mécanisme qu’on nomme encore « banque des pauvres », s’est répandu dans de nombreux pays, jusqu’aux Etats-Unis.     

   En ce qui concerne notre pays, alors qu’en 1978, les propos du Premier ministre Raymond Barre : « Les chômeurs n’ont qu’à créer leur entreprise » avaient fait scandale, dix ans plus tard, Maria Novak, économiste fortement impliquée dans les projets de développement des pays pauvres, relevait le défi en créant l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) qui applique à la France les préceptes du microcrédit et propose à ceux qui sont exclus du système bancaire de créer leur activité économique, moyennant un prêt d’un montant maximum de 10 000 euros.

Ainsi que l’attestent les multiples initiatives prises depuis le début des années  1990, le rôle important que le microcrédit pourrait être appelé à jouer dans l’économie n’échappe pas dans notre pays aux politiques. De fait, sur fond de crise et de flambée du chômage, et en grande partie sous les actions de lobbying de l'Adie,  un modèle original s'est, au cours surtout des trois dernières années de la précédente législature, développé en France qui, pionnière du  microcrédit sur le Vieux Continent, est restée le pays européen parmi les plus actifs et les plus avancés dans le secteur.Ce modèle original a pris son essor  en se caractérisant par deux traits spécifiques. D'une part, par la mise en place d'un modèle français de microcrédit marqué par l'existence de deux types de microcrédit : le microcrédit professionnel et le microcrédit personnel. D'autre part, en donnant naissance à une grande diversité d'acteurs à l'implication convergente (associations, ONG, établissements de crédit, collectivités locales, réseaux accompagnants).                                                                                                                                                                                               

Les différents types de microcrédits à la française

Le microcrédit à la française se présente donc sous deux formes.Le microcrédit professionnel a pour objet de financer la création, le rachat ou la consolidation d'une petite entreprise artisanale ou commerciale permettant à son dirigeant, qui ne peut prétendre à un crédit bancaire classique, de créer ou conforter son propre emploi. Mesure phare de la loi de programmation de cohésion sociale, dite loi Borlo, le microcrédit personnel (appelé aussi microcrédit social ou microcrédit solidaire) est un prêt destiné aux particuliers qui souhaitent concrétiser un projet (hors création d'entreprise) mais qui n'ont pas accès au crédit bancaire classique et disposant d'une capacité de remboursement. Il permet de financer des biens durables et nécessaires, utiles pour la réalisation d'un projet contribuant à l'insertion, comme par le retour ou le maintien dans l'emploi et l'amélioration des conditions de vie : aide à la mobilité, à l'éducation, la formation, accès au logement, etc.       

 Le suivi humain et l'accompagnement constituent un élément central du microcrédit en France. Pour bénéficier d'un microcrédit, l'emprunteur doit être accompagné par un réseau d'accompagnement spécialisé et compétent qui va l'aider à monter son projet, à instruire sa demande de financement et à développer son activité, et, en lui apportant un soutien technique au cours des différentes phases de ce développement, contribuer ainsi à ce qu'elle soit pérenne. Comme pour le microcrédit professionnel, l'accompagnement constitue tout autant un élément déterminant pour caractériser le microcrédit personnel : l'emprunteur est obligatoirement accompagné par un acteur social qui évalue son projet et en assure la bonne marche et le suivi jusqu'au remboursement du prêt, les modalités d'accompagnement devant être adaptées à chaque cas et déterminées au moment de l'octroi.          

  Une autre caractéristique fondamentale du microcrédit à la française, c'est qu'il est assorti de la garantie des prêts accordés à des personnes insolvables de fait et ne présentant aucune garantie. C'est ainsi depuis la création en 2015 du Fonds de cohésion sociale, l'Etat garantit, à hauteur de 50%,  les prêts destinés à financer des projets d'insertion sociale ou professionnelle accordés à des personnes confrontées à des difficultés de financement, mais dont les capacités de remboursement sont jugées suffisantes.      En ce qui concerne le microcrédit personnel, qui s'est principalement développé en France depuis la création du Fonds de cohésion sociale, il bénéficie automatiquement d'une telle garantie. Le microcrédit professionnel peut, lui aussi, bénéficier d'une garantie du Fonds ou d'un autre organisme, voire être consenti sans garantie.     

 

  Il y a lieu de souligner que si le soutien principal en matière de financement et d'appui logistique vient des pouvoirs publics, le microcrédit, destiné à lutter contre l'exclusion bancaire, peut aussi jouer un rôle de levier pour déclencher des financements complémentaires susceptibles de venir s'y ajouter. Ce sont : des prêts d'honneur et des primes pour compléter le microcrédit (selon les régions) ;un financement Nacre (Nouvel accompagnement pour la création ou la reprise d'entreprise), adapté à taux 0%,  au maximum égal au montant du microcrédit (dans la limite de 4 000 euros) pour le compléter, et dont peuvent bénéficier les personnes qui ont déjà une idée précise du projet d'entreprise qu'elles souhaitent créer ou reprendre ;et encore d'autres aides telles que le Prêt à la Création d'Entreprise (PCE).

Les acteurs du microcrédit en France                                                                     Outre les deux types de microcrédit qui le caractérisent, on s'étonne souvent que le modèle français repose sur l'implication convergente dun écheveau si touffu de dispositifs et d'organismes, qui relève de l'économie mixte, et dans lesquels s'entremêlent les intervenants publics (Etat, Caisse des Dépôts et Consignations, Banque Publique d'investissement (Bpifrance), Agence pour la création d'entreprises, Banque de France,  collectivités territoriales)  qu'on qualifie souvent d'acteurs indirects ou périphériques et jouant le plus souvent le rôle de garants des prêts consentis par d'autres intervenants qualifiés souvent d'acteurs directs, car directement impliqués dans la prestation des services financiers. Parmi ces derniers, on distingue les prêteurs (principalement les banques, certaines associations, et aussi quelques collectivités territoriales) et surtout des associations, de nature très variable, qui agissent soit comme "catalyseurs,"  soit comme "accompagnateurs». et dans lesquels s'entremêlent les intervenants qu'on qualifie souvent d'acteurs indirects ou périphériques et jouant le plus souvent le rôle de garants des prêts consentis par d'autres intervenants qualifiés souvent d'acteurs directs.Les acteurs directs sont les prêteurs parmi lesquels se trouvent principalement les banques, certaines associations, et aussi quelques collectivités territoriales, et surtout des associations, de nature très variable, qui agissent soit comme "catalyseurs,"  soit comme "accompagnateurs".  Au nombre des acteurs indirects ou périphériques figurent essentiellement  les pouvoirs publics : Etat, Caisse des Dépôts et Consignations, Banque Publique d'investissement (Bpifrance), Agence pour la création d'entreprises, Banque de France,  collectivités territoriales. Faute de ne pouvoir exposer dans leur ensemble  les caractéristiques de cette grande diversité d'acteurs (associations, ONG, établissements de crédit, collectivités locales, réseaux accompagnants), on se bornera à une brève analyse des structures qualifiées "d'acteurs directs", parmi lesquelles se distinguent tout particulièrement les organismes de statut associatif, sur lesquels s'est surtout appuyé le modèle pour se développer, et dont le financement est largement soutenu par la puissance publique.

La plus importante d'entre elles est l'Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), pionnière du microcrédit en France et en Europe, dont Marie Novak est la fondatrice et qui dispose à travers la France d'un réseau de 130 antennes et de 400 permanences.

A l’exemple de cette structure majeure qui délivre 1O OOO à 13 000 prêts par an et qui, depuis sa mise en place, il y  a plus de 20 ans, a été à l’origine de la création de quelque 100 000 emplois, il en existe plusieurs autres associations importantes de nature similaire, comme, par exemple, France active ou  France Initiative, et dont l'ensemble,  en 2010, ont accordé 12 000 microcrédits pour des prêts de 6000 euros maximum

Il est à souligner que les associations concernées apportent leurs appuis sous forme de financement, par des prêts à la création et la reprise d’entreprise, mais aussi d’accompagnement des futurs entrepreneurs sur le volet pratique de leurs projets. A noter que l'Adie propose un microcrédit personnel pour l'emploi lorsqu'un salarié a besoin d'un microcrédit urgent pour accéder ou conserver son emploi.

Leur rôle se combinant avec les activités des associations qui  agissent comme "catalyseurs", il en existe une grande variété de structures, associatives ou publiques, qui, intervenant comme "accompagnateurs", aident les bénéficiai aires de microcrédit à monter leur projet, à instruire leur demande de financement et à développer leur activité.

Parmi ces différents acteurs qui opèrent en support de l'opération de crédit, on peut tout d'abord distinguer les grands réseaux accompagnants que sont les acteurs sociaux ou associatifs en contact avec des personnes en difficulté et qui se proposent de les aider à se projeter dans l'avenir. Ce sont essentiellement : l'Union nationale des centres communaux d'action sociale (UNCCAS) qui sont les outils des communes en matière d'action sociale et peuvent faciliter l'accès au microcrédit, la Fédération des familles rurales (FFR), la Fédération française des associations Crésus, le Comité national de liaison des régies de quartier, l'Union nationale des associations familiales (Unaf), l'Association nationale des directeurs de missions locales, la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (FNARS$).

Outre ces "têtes de réseaux", il existe d'autres organismes de statut associatif importants qui sont soit les associations dédiées à l'accompagnement, à but non lucratif, comme le réseau des Boutiques de gestion (devenues BGE, signifiant ensemble pour Agir et Entreprendre), soit des structure engagée dans l'accompagnement en plus de leurs activités traditionnelles, comme les chambres de commerce et d'industrie, les chambre de métiers et de l'artisanat, les experts comptables, ou encore les associations caritatives (Croix rouge, Emmaüs, Secours catholique,  Restaurants du Cœur...), qui font, elles aussi, du microcrédit en appui de leurs missions principales.

En marge de ces entités qui opèrent au niveau national, l'accompagnement peut également être effectué par de multiples accompagnateurs locaux de proximité, autonomes, tels que Auto Insertion lotoise ou En Route pour l'Emploi, à Brest, qui interviennent dans le milieu de la solidarité.  

A côté de ces structures de toutes catégories, il existe des ONG, dont la principale, remarquable par le caractère significatif de sa pratique, est Planet Finance que préside son co-fondateur l'économiste et essayiste, Jacques ATTALI, qui s’assigne comme mission, à travers le monde, y compris en France, de lutter contre les exclusions et la pauvreté, grâce au développement de la microfinance et de l’activité économique. Organisation de solidarité internationale siégeant à Paris, Planet Finance  est active dans 80 pays et réunit plus de 1000 professionnels à travers les continents, proposant, via des entités, indépendantes et spécialisées, des services de conseil et d'assistance technique aux acteurs de la microfinance afin d'améliorer leur performance financière et sociale ainsi que des programmes d'accompagnement des microentrepreneurs. Dans le cadre de son programme "Entreprendre en banlieue", lancé il y a six ans, elle a accompagné  à ce jour quelque 1 000 créations d'entreprises en zones urbaines sensibles (ZUP) .

  Enfin, il convient de mentionner le nouvel acteur majeur du microcrédit qu'est devenu le grand public depuis la loi du 1er juillet 2010 portant réforme du crédit à la consommation, dite "Loi Lagarde", qui modifie les conditions de financement des institutions de microcrédit en leur permettant d'être financées par des prêts de particuliers via des  associations ou des plateformes spécialisées telles Babyloan. Créé en 2008 par l’homme d’affaires, Arnaud Poissonier, premier site internet français de microcrédit et première plateforme européenne de microprêts solidaires, ce site, devenu la seconde plus importante plateforme internet de ce type au monde, ouvre la voie à un modèle inédit, celui du prêt solidaire de personne à personne, le peer to peer appliqué au microcrédit en quelque sorte.

Le microcrédit est un moyen pour le banques de toucher une clientèle solvable mais jusque-là en marge du secteur bancaire. Comme le rappelle l'Inspection générale dans un rapport de décembre 2009, les banques possèdent l'expertise et les moyens suffisants pour développer cette activité en partenariat avec les associations et les collectivités locales.

En tant qu'organismes prêteurs, Les banques peuvent être soit les acteurs de la microfinance de façon directe, telles les caisses d'épargne (première banque de microcrédit personnel avec 33% de parts de marché), le Crédit coopératif, le Crédit mutuel, le Crédit agricole ainsi que la Banque postale, en adaptant leurs offres, c'est le "downscaling", soit principalement de façon indirecte, en finançant, comme BNP Paribas et les Banques populaires, des institutions de microfinance, dont des associations importantes, œuvrant au niveau local ou national, qu'elles ont elles-mêmes fondées. Ces associations, qui ont financé plus de 3000 projets en 2008, sont des organismes à but non lucratif,  même si elles restent liées aux banques qui les ont créées.

Concernant plus particulièrement le microcrédit personnel, les réseaux bancaires qui y sont les plus actifs sont les mutualistes : Caisse d'épargne, Crédit coopératif et Crédit mutuel représentent plus de 80% du marché fin 2008.

En outre, alors qu'elles n'en ont pas elles-mêmes une claire conscience et ne se présentent pas comme telles, les caisses d'allocations familiales, prenant place parmi les acteurs institutionnels ou publics,  seraient en réalité un acteur essentiel en microcrédit personnel.   Les caisses départementales d'allocations familiales disposent, en effet, d'une totale liberté quant à l'attribution et au versement à leurs allocataires d'aides directes, dénommées "aides financières individuelles" (AFI), sous forme soit  de subvention, soit de prêt sans intérêt.

  Ces AFI feraient bien ainsi, par leur présence, de la Caisse nationale d'allocations, le premier des acteurs en matière de distribution de microcrédit personnel  bien qu'elle ne nomme pas ainsi les petits prêts qu'elle octroie.

Les avantages du microcrédit

Les avantages du microcrédit sont fort multiples. On se bornera à brièvement évoquer ici l'essentiel d'entre eux. En particulier, on s'attachera aux points suivant

Soutien à la réduction de la pauvreté, en fournissant aux populations les plus démunies des services financiers et adaptés leur permettant d'entreprendre des activités viables de production et de commercialisation et en conséquence de protéger, de diversifier leurs sources de revenus.

Soutien à la réduction de la pauvreté, en permettant l'accès de ceux qui sont privés du crédit classique à des moyens de paiement adaptés.

Lutte contre le chômage : Incitation à l'entreprenariat, en favorisant la création d'activités et de richesse en permettant de concrétiser de petits projets, et ainsi  aux personnes en situation de précarité (chômeurs, travailleurs pauvres, bénéficiaires de minima sociaux) de donner vie à leur projet de création d'entreprise.

Lutte conte le chômage : soutien à l'employabilité et au retour à l'emploi, en proposant des solutions permettant de financer tout projet qui contribue à faciliter l'accès, le maintien ou le retour à l'emploi, tels l'acquisition ou la réparation d'un véhicule (voiture, deux roues...), le permis de conduire, les frais d'entrée dans un nouveau logement, etc.

Amortisseur de crise, en permettant de financer des microprojets et de soutenir l'activité en période de crise.                 

Soutien à la croissance, en apportant sa contribution à la diminution du chômage et en augmentant la capacité du travail, alors que le nombre d'emplois progresse.

Soutien au développement économique et local,  en permettant à la fois de créer des emplois mais  aussi de faire naître des opportunités pour l'entrepreneur, que chacun peut être.

Emancipation économique et sociale des femmes, en leur permettant, grâce à l'accès aux services financiers, de devenir des agents économiques du changement.

Rupture avec Il s'agit donc d'une activité rentable pour l'Etat, une opération bénéfique pour les finances publiques la logique de l'assistanat, du fait que le microcrédit n'est en aucun cas une œuvre de charité, mais un prêt de courte durée qui peut être souscrit librement, indépendamment de la générosité d'une tierce personne, et doit être remboursé.

            Amélioration des conditions de vie, en favorisant l'acquisition de bien ou service permettant d'améliorer la situation de l'emprunteur à travers un projet personnel : achat de biens matériels pour économiser du temps, allégement de factures d'eau ou d'électricité en remplaçant un appareil hors d'usage (four, machine à laver, réfrigérateur) ou amélioration du confort (téléviseur, ordinateur)...

Réduction de la vulnérabilité aux chocs économiques, en amortissant les effets d'une difficulté soudaine et déstabilisante (une mauvaise récolte, une maladie, un vol..), en palliant les imprévus liés aux accidents de la vie sociale (décès, divorce, chômage, maladie, handicap).

Renforcement de la cohésion sociale, en contribuant à rendre la société plus humaine et en favorisant le vivre ensemble.

Allègement des charges publiques, le coût de la création d'une microentreprise étant très largement inférieur à la dépense budgétaire générée par la prise en charge des salariés privés d'emploi, Il s'agit donc d'une activité rentable pour l'Etat, une opération bénéfique pour les finances publiques .

Contribution à mieux faire face aux problèmes spécifiques de l'outre-mer auquel le microcrédit constitue un outil particulièrement adapté pour répondre aux besoins fort importants au regard de la situation économique et sociale, liée à de fort taux de chômage et à une part élevée de personnes en situation d'exclusion,  de ces territoires.

Le microcrédit en tant que droit fondamental

Ainsi bien que quelques dérives aient été observées,  il n'a pu échapper aux gouvernements, constatant que, dans un contexte économique et social très difficile, le microcrédit, en offrant des possibilités d'insertion sociale et professionnelle,  était une opportunité à exploiter devant faire partie de la politique économique et sociale.

Faciliter l'accès au crédit des microentrepreneurs permet, en effet, de régler un obstacle majeur de l'économie. Le travail est la base de l'autonomie, mais le travail salarié ne doit pas constituer la seule mécanique d'insertion.  Tout doit être fait pour encourager la création d'activités, la création d'entreprises, donc mis en œuvre pour assurer la promotion du microcrédit, source de réussite professionnelle et sociale pour ses bénéficiaires. Avec la conviction que tout homme porte en lui l'envie d'entreprendre, le microcrédit porte en lui un message de confiance

  On voit que sous l'emprise de la crise et la poussée grandissante du chômage, la France, au cours des trois décennies, a progressivement mis en place un système de microcrédit de plus en plus performant, mais qui, bien que ces dernières années, la microfinance a été le sujet de nombreuses innovations, serait encore loin de couvrir les besoins de la population. 

  Il ne fait aucun doute - et nos politiques ne pourront pour la plupart qu'en être fort conscients - que, visant à inciter tant les individus jeunes que les adultes,  désormais dotés du revenu de développement, à s’impliquer dans une occupation rentable, son accès constituerait un dispositif fondamental aussi bien pour endiguer la pauvreté que pour la création d’activités et d’emplois. Aussi, la généralisation dans toute la France de cette formule que prône notre modèle ne serait donc que fort profitable aussi bien en métropole qu’à nos concitoyens de l’Outre-mer où les femmes sont particulièrement industrieuses

  Et ce, d'autant que l'expérience montre que la population marginalisée ne représente en fait qu'une partie du public visé par le microcrédit qui devrait être,  dans l'un de ses aspects, de type entrepreneurial, destiné à des entreprises de petite taille certes, mais promises à un certain développement, et, de l'autre, de type insertion sociale, considéré comme un outil au service de l'inclusion. Ainsi serait concrétisée la notion de financement accessible à tous.

       A cet égard, le cas du Maroc, pionnier de la microfinance dans la région du Maghreb, est exemplaire et mériterait grandement de retenir l’attention. Ainsi que le rapporte sous la rubrique « Le Maroc, élève du microcrédit », le quotidien Le Figaro (3O juillet 2009), dans son supplément Impact spécial « Maroc », « apparu dans les années 1990 au Royaume, le microcrédit y a connu une croissance fulgurante, contribuant à y diminuer significativement la pauvreté ». Il est remarquable qu’alors que la microfinance avait, de 1993, date du lancement, à 2004, généré dans le pays maghrébin quelque 3000 emplois directs permanents et plusieurs milliers d’emplois indirects, les associations, afin de rationaliser leurs activités et parler d’une voix commune, se sont en 2001 regroupées au sein d’une Fédération nationale des associations de microcrédit.

 Sur ce dernier point, le Conseil économique, social et environnemental (CESE), s'interrogeant, en ce qui concerne la situation en France, dans un avis, adopté en mai 2010, sur Le microcrédit : une opportunité  économique et social ? constate que : "Il est à craindre (...) que le foisonnement actuel des organismes qui opèrent dans le microcrédit, qui présente l'avantage de couvrir largement les différents besoins, n'ait pour inconvénient majeur de brouiller les messages et de ne pas tirer suffisamment parti de cette diversité en raison d'une trop grande étanchéité. Ainsi, il apparaît que certains bénéficiaires potentiels, s'adressant à l'un des acteurs, n'ont pu obtenir satisfaction mais n'ont pas non plus pour autant été adressés à d'autres institutions". Aussi, suggérant une meilleure synergie entre tous ces acteurs, le Conseil recommande, plutôt que de créer une nouvelle structure, qui alourdirait un dispositif déjà complexe, d'élargir le rôle de l'Agence pour la création d'entreprise (APCE) qui devrait voir étendre sa mission pour rassembler toutes les informations utiles sur le microcrédit et la microfinance en général puisque ceux-ci débouchent sur la création d'entreprises : devant constituer un dispositif de soutien général aux initiatives éparses actuelles, l'APCE serait l'organisme fédérateur pour diffuser l'information sur les moyens d'obtenir un microcrédit.

Alors que 25% de la population n'ont pas accès au crédit classique et beaucoup se tournent vers le crédit "revolving" qui conduit souvent au surendettement, il est certain qu’une action vigoureuse en vue de généraliser et d’encourager le développement en France du secteur ne pourrait qu’avantageusement compléter et renforcer le statut de l’auto-entrepreneuriat dont on connaît le vif succès depuis sa création en 2010, d’autant que le revenu de développement, perçu tout au long de la vie, ne pourrait que faciliter le remboursement des prêts obtenus par la voie du microcrédit dont l’accès de plein droit devrait, comme nous le préconisons, à l’instar de son fondateur et « chantre », l’économiste bangladais Muhammad Yunus qui a été récompensé en 2006 du Prix Nobel de la Paix, faire partie des droits de l’homme et n’être refusé à personne. Et, par ailleurs, ceci entre bien dans la logique du concept de microcrédit, dans lequel il ne devrait pas avoir d'exclusion des demandeurs, sous réserve de la viabilité  du projet qui est l'élément essentiel. Le droit au crédit tel que sollicité par les candidats emprunteurs ne doit donc pas être un leurre, quelque soit l'indispensable encadrement réglementaire de ce type de financement. Il conviendrait donc que, poursuivant l'avancée acquise, la puissance publique, continuant en France le rôle majeur qu'elle a joué jusqu'ici dans le développement au plan national du microcrédit, s'attache, en concertation avec les autres secteurs, à aboutir à la définition et à l'adoption d'une  stratégie nationale et coordonnée du secteur. Le nouveau défi auquel devraient donc répondre les pouvoirs publics, c'est de fixer de nouvelles règles du jeu  assurant qu'il n'y ait pas de dérives et comportant la forte implication, à côté des associations, des banques traditionnelles ainsi que l’intégration du microcrédit et de la microfinance  aux réglementations bancaires La position à ce sujet  de l’éminent économiste et prix Nobel américain, Joseph Stiglitz, mérite particulièrement réflexion. Dans une interview au journal Libération (15/9/2009), après avoir déploré que «nos banques ne comprennent pas toujours que la finance est un moyen pas une fin », il s’indignait : « Pourquoi au Botswana, les banques fournissent des services financiers à des villageois dont les revenus sont plus faibles que les plus faibles des Américains ?Notre système bancaire suce le sang des Américains les plus faibles ». 

 

 

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