LE REVENU DE DEVELOPPEMENT
LE REVENU DE DEVELOPPEMENT

. La mise en place

d’un service civique obligatoire

 

En 2009, alors que nous l'avions auparavant adressé au chef de l'Etat et que le lui avait par ailleurs communiqué l'Elysée, nous avions eu avec Martin Hirsch, alors Haut commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse, un échange sur notre modèle, encore à sa première mouture, au cours duquel  il nous annonçait que notre point de vue en la matière était au nombre de ses préconisations et s’inscrivait dans l'optique des missions confiées.

Les structures er dispositifs en place de service civique facultatif

Toutefois, entrant dans le cadre de notre modèle, parmi les trois autres dispositifs orientés vers la stimulation à la solidarité et l’encouragement à l’activité et au travail qui devraient accompagner le revenu de développement, notre proposition d'enrôler les jeunes Français dans un service civique obligatoire n'avait  pas été retenue, la préférence des hautes autorités ayant été pour la création d'un service civique sur la base du seul volontariat.

En effet, à la suite des propositions, figurant dans un petit Livre vert, de la Commission de concertation sur la politique de la jeunesse réunie en 2009, et à l’initiative du Haut commissaire, agissant à la demande du président de la République, et en concertation avec le monde associatif, il a été institué l'actuel dispositif d'engagement de service civique à caractère facultatif.

Le Service civique facultatif et l'Agence du service civique

 Créé par la loi du 10 mars 2010, le service civique, qui remplace l'ancien service civil volontaire (qui avait été créé en 2006) et dont le pilotage et l'animation sont assurés par l'Agence du service civique, est aujourd'hui un dispositif d'encouragement à l'engagement citoyen et de soutien public à cet engagement. Il est constitué sous deux formes : l'engagement de service civique, d'une durée de six à douze mois, destiné aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, principalement financé par l'Etat, et le volontariat de service civique, d'une durée pouvant atteindre  les deux ans, ouvert à partir de l'âge de 26 ans  et sans limite au-delà, le soutien financier de l'Etat portant principalement sur un ensemble de cotisations sociales.

  Ces deux formes, dont la seconde n'a pas été jusqu'ici mise en place, sont ouvertes à tous les Européens communautaires et également aux Européens non-communautaires ainsi qu'aux non-européens en situation de séjour régulier en France depuis au moins un an.

  S'accomplissant en France ou à l'étranger, la mission d'intérêt général à laquelle s'engagent les volontaires en service civique, afin de contribuer à la cohésion nationale et à la mixité sociale, s'effectue auprès d'organismes agréés par l'Etat (association ou fondation à but non lucratif, établissement public, collectivité territoriale...).

L'Institut de service civique

    Association à but non lucratif, créée en 2012 par Martin Hirsch, dans le prolongement de la création du service civique en 2010, l'Institut du service civique s'adresse à des jeunes, de tous milieux et de tous profils, ayant fait leurs preuves durant leur mission au service civique, et ayant un fort potentiel pour exercer des responsabilités ou mener à bien un projet original.

   Grâce à son partenariat avec de grandes écoles et des entreprises, cette structure aide chacun des lauréats issus des épreuves d'admission à définir son projet professionnel et s'emploie à lui offrir tous les outils pour le réaliser.

Succès croissant auprès des jeunes du service civique facultatif

    Le succès croissant auprès des jeunes, notamment les étudiants, du service civique n'est plus à démontrer. La montée en charge du dispositif depuis sa création a été rapide, passant de 6 000 jeunes en 2010 à près de 20 000 en 2012. Les expériences sont souvent très concluantes. Selon une enquête effectuée début 2013, prés de 89% des jeunes volontaires se sont déclarés "très satisfaits de leur expérience". Et plus de 80%  recommanderaient à d'autres l'engagement de service civique. De plus, le service civique, qui s'est révélé très précieux pour l'insertion professionnelle des jeunes, est un véritable tremplin vers le monde professionnel. 

 

 

 

Rassemblement national  des volontaires en Service civique

Un évènement qui a particulièrement marqué l'importance que les jeunes attachent au dispositif a été le premier rassemblement national  de volontaires en Service civique qui s'est tenu en juin 2012 à Paris à l'initiative de l'Agence du service civique et de plusieurs associations nationales réunies en plateforme interassociative du service civique.

  Deux ans après la création du Service civique, cette journée (qui sera bientôt suivie de rassemblements régionaux  de volontaires en Service civique) était l'occasion pour près de 1000 volontaires, venus des quatre coins de France, de se rencontrer, d'échanger et de témoigner de leur expérience : en l'occurrence, il s'agissait aussi, pour les organisateurs, "de rendre visible et de célébrer l'engagement citoyen de ces milliers de jeunes qui œuvrent au quotidien pour uns société plus juste et plus solidaire".

Frein au développement du service civique facultatif

et appui à son développement des pouvoirs publics

Alors qu'il est très populaire chez les jeunes, le manque de moyens freine le développement du service civique. Evoquant l'avenir du dispositif dans son rapport "Liberté, égalité, citoyenneté : un Service civique pour tous", le président de l'Agence du service civique, François Chérèque, souligne que le service civique est aujourd'hui victime de son succès, avec cinq demandes pour une mission. Le service civique a connu en particulier une année 2013 difficile, avec notamment des agréments de structures d'accueil bloqués pendant plusieurs mois et l'enregistrement de la première baisse des effectifs, plus de 5 000 demandes de mission ayant été refusées. Ce qui fait craindre à certains que si une telle situation se poursuit, elle risque de démobiliser les jeunes et les structures qui les accueillent.

Les volontaires en Service civique au défilé du 14 juillet

Les pouvoirs publics, qui ont manifesté à diverses reprises leur volonté  de soutenir le Service civique, se sont pourtant particulièrement attachés à son essor. C'est ainsi que pour la première fois en  2013, le président de la République avait décidé d'associer les volontaires en Service civique au défilé du 14 juillet ; ils étaient ainsi une centaine, autant de jeunes femmes et jeunes hommes, venus de toute la France, à défiler sur les Champs Elysées aux côtés des militaires. A la fin du défilé, le chef de l'Etat est descendu de la tribune officielle pour remercier et serrer la main de chacun des 100 jeunes volontaires qui venaient de défiler.

Le président de la République à la rencontre de deux

volontaires en Service civique (16 juillet 2014)

De même, dans le prolongement de la remise de son rapport proposant plusieurs pistes pour aider au développement et au financement du dispositif par François Chérèque à la  ministre alors en charge de la Jeunesse et des Sports, le président de la République et la ministre, accompagnés du président de l'Agence du Service civique,  sont venus le 16 juillet 2014 à la rencontre de deux jeunes volontaires en Service civique, en mission chez les Petits Frères des Pauvres; dans le cadre du projet Monalisa (lutte contre contre l'isolement des personnes âgées) Ces deux jeunes faisaient parie des 300 jeunes en service civique sur trois ans que le gouvernement dans sa volonté de soutenir la mobilisation nationale contre l'isolement des personnes âgées avaient mis à la disposition des 75 associations et organismes publics de Monalisa dont fait partie l'association des Petits Frères des Pauvres

L'objectif présidentiel de 100 000 volontaires  en service civique  en 2017

Enfin, le chef de l'Etat, qui, lors de sa quatrième conférence de presse semestrielle, avait confié vouloir élargir "autant qu'il est possible" le service civique et de l'assortir de nouveaux droits, s'est fixé comme objectif de parvenir à 100 000 Jeunes volontaires en 2017.

Soutien par le chef de l'Etat de l'Institut du Service  civique

Il y a lieu également de souligner que le chef de l'Etat ne manque jamais une occasion de marquer son soutien à l'Institut du Service  civique, cette structure qu'on pourrait considérer comme une nouvelle filière d'excellence, car il permet aux jeunes issus du service civique, talentueux et motivés, d'intégrer des établissements supérieurs, des entreprises ou d'être accompagnés dans un projet, entreprenarial ou associatif.

C'est ainsi que le président de la République honorait de sa présence le premier séminaire de l'Institut du Service  civique qui s'est tenu en juillet 2012 à Bugeat en Corrèze. Réunis une semaine, les premiers lauréats, sélectionnés après être passés avec succès par les épreuves de la procédure d'admission, ont pu,  au cours de ce séminaire, affiner leur projet, rencontrer les partenaires de l'Institut, suivre des conférences de haut vol... et faire entre eux connaissance. Ils ont ensuite été suivis toute l'année par l'Institut au cours de leur parcours dans leur établissement d'accueil.

Une autre distinction, venue du plus haut niveau de l'Etat, a été que l'Institut du Service  civique a été mis à l'honneur en étant intégré  parmi les 15 initiatives retenues au Palais de l'Elysée en juin 2014 par le président de la République comme "chantiers professionnels" du grand programme "La France s'engage" (qui a pour objectif de révéler et encourager les projets innovants d'utilité sociale).

Consensus politique autour de la création d'un service civique obligatoire

  Il est à souligner que les deux principaux candidats à l'élection présidentielle de 2007 s'étaient engagés à l'instauration d'un service civique à caractère obligatoire. De fait, l'idée de rendre obligatoire ou non le service civique réapparaît régulièrement dans le débat public, comme si la suspension du service militaire en 1997, sans avoir, pour certains, profiter de cette occasion unique pour le remplacer par un service civil pour tous, voire sans même qu'à l'époque on y réfléchisse à la suite, avait définitivement laissé un goût d'inachevé. 

C'est ainsi que sous la précédente législature,  des membres éminents de la majorité, dont François Baroin (ministre du Budget), Jean-François Coppée (secrétaire général de l'UMP), Christian Jacob (président du groupe UMP à l'Assemblée nationale) et Bruno Le Maire (ministre de l'Agriculture) , ont défendu la création d'un service civique obligatoire.

De même du côté de l'opposition, le Parti socialiste avait aussi formulé la proposition, évoquée lors de la "Convention pour une égalité réelle" en décembre 2010, de "mettre à l'étude un service civique universel".

 Aujourd'hui encore, alors que les pouvoirs publics sont décidés à aider le service civique à caractère facultatif à monter en puissance,  plusieurs think tanks proches du parti socialiste et de la gauche, dont Cartes sur table et Esprit civique se déclarent partisans du service civique obligatoire. Quant au thing tank Terra nova, de la même sensibilité, et l'un des principaux laboratoires d'idées du pays, il jugeait,  dans une note thématique (27/05/2011), indispensable "d'établir à terme l'obligation" du service civique et que "pour la gauche ce sont la mixité et la solidarité qui doivent fonder la cohésion d'une société d’égaux," et considérait que "le caractère obligatoire du service est la condition nécessaire pour recréer cette mixité et cette solidarité qui devraient être une priorité absolue pour les progressistes et être le socle du programme de 2012." 

Instauration d'un service civique universel et obligatoire

Ainsi, alors que droite et gauche se retrouvent pour soutenir un service civique obligatoire, nous préconisons en conséquence que, dans le cadre de notre modèle, il soit créé un service civique universel et obligatoire pour tous les Français âgés de 16 à 25 ans,  mais aussi ouvert à nos concitoyens à tous les âges de la vie à partir de 26 ans.

En ce qui concerne les étrangers, ils pourraient, de leur côté,  bénéficier dès l'âge de 16 ans du volontariat de service civique de la loi de 2010 qui devra désormais être mis en place.

Le rôle essentiel du service civique obligatoire serait de réaliser, comme au temps de la conscription, le brassage de la population et permettre aux jeunes générations de bien s'imprégner des valeurs universelles de liberté, de fraternité  et de solidarité, et de contribuer au renforcement du lien social.

Comme dans le cadre du service civique actuel, il s'agirait concrètement, en les ouvrant à d'autres horizons, d'offrir à tous les jeunes, aux garçons comme aux  filles, métropolitains ou ultramarins, la faculté d'œuvrer dans les domaines de leur choix et de s'investir  dans des missions d'intérêt général au service de la collectivité, et dans des domaines, très larges, reconnus prioritaires pour la Nation : solidarité, mémoire et citoyenneté, éducation pour tous, environnement, santé, sport, culture et loisirs,  développement international et action humanitaire, intervention en cas d'urgence...

 

La prise en charge financière d'un service civique obligatoire

Cependant, même aux yeux de ses partisans les plus convaincus, les coûts de financement constituent un obstacle majeur à la systématisation du dispositif de l'Agence du service civique. Rn effet, au point de vue financier, la  situation actuelle est la suivante.

Afin d'être indépendants financièrement, de subvenir un minimum à leurs besoins et d'accomplir leur service dans des conditions correctes, les volontaires reçoivent, versée par l'Etat, une indemnité mensuelle d'environ 570 euros nets. Et ce, quelle que soit la durée hebdomadaire de la mission qui est d'au moins 24 heures, et potentiellement jusqu'à 48 heures (35 heures pour une personne mineure).

Or, alors que l'Etat envisage de débloquer 100 millons d'euros sur trois ans (2015-2017) pour aider le service civique à atteindre l'objectif du président de la République de parvenir à 100 000  jeunes engagés à l'horizon 2017, le président de l'Agence du service civique estime, lui,  que pour atteindre l"objectif présidentiel, il devra à l'échéance du quinquennat "tripler son budget qui est de 140 millions en 2014," pour 35 000 places ouvertes, tandis que pour la Cour des comptes, dans un rapport annuel, le coût dans ce cas pour le budget de l'Etat serait de l'ordre de 750 millions d'euros.

Ainsi, alors que l'objectif des "1OO 000 missions" par an du chef de l'Etat est encore loin d'autant qu'il semble que financer le service civique de 10% des jeunes  concernés coûterait  500  millions d'euros par an, on voit qu'étendre le service civique à l'ensemble des 750 000 jeunes d'une génération impliquerait des coûts énormes sans doute de l'ordre de 5 milliards d'euros par an, et serait, les choses demeurant inchangées, irréalisable.

Tel ne serait pas toutefois le cas si notre modèle, incluant l'instauration du revenu de développement, était mis en place. En effet, les appelés du Service civique obligatoire continueraient, bien entendu, de percevoir cette allocation au cours de la période d’incorporation, ce qui devrait, par ailleurs, contribuer à leur faire prendre une pleine conscience de l’effort de solidarité nationale que concrétiserait l’attribution à chacun du revenu de développement  (constituant une part de la richesse nationale provenant des activités, rémunérées ou non, de tous et relevant de la justice et de la solidarité). Pour subvenir à leurs besoins, il ne leur serait donc verser aucune indemnité supplémentaire par l'Etat, mais ne s'arrêteraient pas, outre d'une couverture sociale (maladie, maternité, invalidité, accident du travail), de bénéficier des diverses prestations en nature ou en espèce dispensées par les structures d'accoeuil. Ce qui aurait pour résultat de réduire considérablement le coût budgétaire du nouveau régime et le situerà un niveau auqel il serait alors possible à l'Etat de faire face.

 

Les avantages du service civique obligatoire

Alors qu’il reste impossible d’envisager, comme le désireraient certains, le rétablissement, dix ans après sa suspension, de la conscription qui partageait avec l’enseignement le grand avantage des missions évoquées, la mise en place du service civique universel devrait donc, en même temps qu’une ouverture en dehors de leurs lieux d’habitation, constituer, pour tous les jeunes, de l’Hexagone ou de l’Outre-mer, une occasion d'acquérir de nouvelles compétences ; le Service civique prendrait en effet en compte leurs besoins et leurs attentes, d'autant que toute mission demeurerait assortie d'un tutorat individualisé et d'un accompagnement à la définition de leur projet d'avenir.

Bref, il leur permettrait à chacun de donner du temps aux autres, d'agir pour le bien commun, de vivre une expérience en servant les autres, et aussi, pour beaucoup d'entre eux, d’aborder l’apprentissage d’un métier ou de parfaire leur formation, comme c’est aujourd’hui  le cas dans le service militaire adapté (SMA) aux Antilles-Guyane qui a pour mission, concernant les volontaires qu’il recrute parmi les jeunes en difficulté, de les rendre à la vie civile avec un emploi et un comportement citoyen.

Dans cette optique, il serait sans doute souhaitable de faire appel pour la mise en œuvre et le fonctionnement du service civique obligatoire à la participation de l’encadrement militaire fort en particulier de l’expérience incontestable qu’il a acquise dans la pratique outre-mer du SMA et à l’utilisation des casernes désaffectées ou en voie de désaffectation.

 

Le service civique obligatoire, dernière étape du parcours de citoyenneté

Dans ce contexte, il serait, par ailleurs, recommandable que le service civique constitue la dernière étape du "parcours de citoyenneté". Institué en 1997, depuis la suspension de l'appel sous les drapeaux, le parcours de citoyenneté, qui associe pour sa mise en œuvre  le ministère de la Défense, le ministère de l'Education nationale et les mairies, comporte pour chaque jeune, garçons et filles, trois étapes obligatoires :

1) l’enseignement de défense, partie intégrante de l'enseignement civique et programmé dans le secondaire, a pour objectif la sensibilisation au devoir de défense et porte sur les principes et l'organisation générale de la Défense nationale et de la sécurité collective (Europe, ONU) ;

2) le recensement citoyen, qui concerne tous les garçons et toutes les filles de nationalité française qui sont tenus à leurs 16  ans de se faire recenser à la mairie de leur domicile (ou au consulat s'ils résident à l'étranger) ;

3)la Journée Défense et Citoyenneté (JDC), véritable rendez-vous citoyen, est l'occasion de rappeler aux jeunes Français les valeurs de la République,  les notions de droits et devoirs en tant que citoyens et celles de vivre ensemble, mais aussi de présenter les métiers de la défense et enfin d'informer les jeunes sur le dispositif du service civique volontaire.

Devenu la dernière étape du parcours de citoyenneté, le service civique obligatoire devrait, à notre sens, incorporer la JDC par laquelle, après les transformations éventuelles nécessaires, il pourrait débuter. La JOC, dont le contenu théorique et pratique devrait être repensé de manière qu'à côté du temps d'éducation à la défense, il y soit introduit un temps d'éducation civique pratique, pourrait d'ailleurs s'étendre à au moins une semaine pour devenir la Semaine Défense et Citoyenneté (SDC), dont la mise en œuvre serait conjointement assurée par la Défense et le Service civique.

Il est à souligner que notre proposition de refondation de la JDC rejoint, par ailleurs, l'une des pistes que formulait le laboratoire d'idées Terra nova, proche du parti socialiste, qui, dans la perspective du passage progressif à l'obligation du service civique, considère qu'une durée d'une semaine au moins lui serait nécessaire et qu'il fallait "lier la JDC au service civique en la plaçant au début de celle-ci."En poussant chaque jeune à effectuer le service civique, le caractère obligatoire du dispositif comporterait de multiples autres avantages.

Le service civique obligatoire, instrument d'amélioration de l'environnement

Le problème qui se pose est le risque que les jeunes en service civique ne soient utilisés sur des activités pouvant être confiées à des salariés. A cet égard, les pouvoirs publics sont  sur ce point extrêmement vigilants, et non seulement la loi sur le service civique précise explicitement qu'il ne saurait y avoir de substitution à l'emploi salarié, mais l'administration est elle-même vigilante pour garantir cette non-substitution à toutes les étapes : agrément des structures d'accueil, définition et mise en œuvre des missions de volontariat, évaluations, etc. Cette vigilance devra donc à l'évidence être maintenue dans le nouveau système. De fait, fort nombreuses sont les activités auxquelles pourront se consacrer les nouveaux appelés du service civique (sans porter atteinte au marché de l'emploi), et tout particulièrement dans le domaine de l'environnement où l'administration du service civique pourrait elle-même étendre plus largement  son champ d'intervention.

C'est ce que notamment assène le journaliste, réalisateur et consultant, Christophe Labarde, qui défend la création d'un service civique obligatoire "pour sortir enfin l'avenir du pays du seul champ économique et le faire entrer dans celui de la cohésion sociale." Interpelant Martin Hirsch, alors président de l'Agence du service civique, dans un article paru dans le journal Boulevard Voltaire (8 août 2013), il s'exprime ainsi : Il y a en France, des milliers, des dizaines de milliers même, de chantiers d'intérêt général qui ne sont pas et ne seront jamais financés, qui ne rentreront donc jamais en concurrence avec les prestations des entreprises privées : embellissement de paysages, aménagement de forêts, de rivières, de bâtiments abandonnés... Mais aussi de multiples chantiers "sociaux" sur tout le territoire. Pourquoi ne pas les recenser, les chiffrer, les prioriser, les répartir entre les différentes équipes du service civique, mais également entre associations de bénévoles en tous genres (jeunes, retraités, scouts...) ainsi, bien entendu, qu'entre petits délinquants réorientés eux aussi vers des chantiers d'intérêt général."

 

Le service civique obligatoire, outil  d'éducation des élèves

des grandes écoles aux réalités sociales et de renforcement

de l'action  de l'Institut du service civique

Alors que selon l'Agence du service civique, 43,4% des jeunes volontaires ont un diplôme d'études supérieures, contre 31% ayant le bac et 25,6%, un CAP, un BEP ou pas de diplôme, le sujet de l'engagement citoyen des élites est en vogue. Plusieurs initiatives se prononcent en ce sens.

C'est ainsi qu'à l'occasion du congrès annuel de la Conférence des grandes écoles, tenu à Nantes en octobre 2012, Pierre Tapie, le président de cette association d'établissements d'enseignement supérieur et de recherche, a répété son souhait de voir les grandes écoles rendre le service civique obligatoire. Cette proposition selon laquelle, "dans une logique de solidarité intergénérationnelle, les étudiants consacreraient un mois par annnée de scolarité à des engagements humanitaires et sociaux", faisait partie des 20 qui avaient été adressées aux candidats à la présidentielle.

De même, le thin tank Cartes sur table, proche du parti socialiste, estime qu'il est urgent d'agir, de proposer et de développer une plus grande ouverture d'esprit chez ceux qui seront appelés demain à exercer des responsabilités à une époque "où les responsables politiques et économiques de notre pays sont de plus en plus accusés d'être déconnectés des réalités sociales." Ce qui le porte à voir l'obligation dans l'engagement citoyen "de terrain, concret et pratique," appliqué à tous masters et grandes écoles, "le seul espoir de changement."  

Le collectif "Responsabilisons les élites," créé par trois anciens élèves de classes préparatoires du lycée Henri IV, passés par l'ENS (Ecole normale supérieure) Lyon, Sciences po et l'ESSEC (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales), aujourd'hui enseignants et consultant, qui plaide également pour la l'instauration d'un service civique obligatoire dans les grandes écoles, est sur la même longueur d'onde. Un de ses fondateurs, Jean-Baptiste Mauvais, actuellement enseignant en classes préparatoires au lycée René Cassin, à Strasbourg, témoigne de son orientation personnelle dans une tribune que publie le journal de ligne Educpros (07/02/2012).

A sa sortie de  l'ENS Lyon, il avait choisi d'enseigner dans un dispositif  "Nouvelles Chances", en Seine-Saint-Denis. C'est fort de cette expérience qu'il a été conduit à militer en faveur de la création d'un service civique sous la forme d'un module obligatoire mais adaptable à chacun. Avec un objectif : rapprocher les élèves des grandes écoles et les étudiants des masters en général des réalités sociales.

Le collectif sensibilise les étudiants de grandes écoles par le biais de conférences, de journaux-écoles, etc. Il avait préparé et diffusé une note aux différents candidats à la présidentielle pour les inciter à prendre position sur la question de l'engagement civique étudiant.

On peut observer que certaines écoles proposent déjà le service civique à leurs étudiants depuis quelques années : l'Ecole Polytechnique, l'ICAM (Institut catholique d'arts et métiers) de Lille ou l'ESSEC, par exemple. Quant à l'ESC (Ecole supérieure de commerce) de Dijon, elle impose un module de 40 heures citoyennes à ses étudiants tenus de se mettre, pour s'y conformer, au service des associations de la ville.

D'autre part, le fait que le service civique soit rendu obligatoire dans les grandes écoles ne pourrait que renforcer et développer l'action de  l'Institut du service civique qui opère en  partenariat avec elles. Les jeunes lauréats de l'Institut pourraient, en effet, bénéficier des programmes plus élargis mis en place par ces établissements pour répondre à l'engagement civique de leurs élèves.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le service civique obligatoire, instrument

de renforcement de la mixité sociale

Enfin, pointant du doigt certaines insuffisances du système actuel de service civique, notamment en  termes de mixité sociale, la Cour des comptes affirme que "les résultats ne sont pas encore satisfaisants". Moins de 25% des engagés ont un niveau inférieur au bac, contre un objectif cible de 35% fixé pour 2013. La part des engagés issus des quartiers sensibles s'établit à 17,7% pour un objectif de 25%. Quant à la proportion des handicapés parmi les volontaires, elle n'est que de 0,4% pour un objectif de 6%.

Avec le dispositif devenu obligatoire, il ne saurait avoir de mixité sociale insuffisante dès l'instant que tous les jeunes, dans leur ensemble, seraient appelés à effectuer leur service civique. 

Il y a lieu, en conclusion, de souligner que devenu obligatoire, le service civique devra naturellement être conçu sous une forme qui le rende attractif. Il devra être reçu par les jeunes comme une opportunité, un avantage, et non comme une simple obligation qui leur serait imposée. Il est certain que plus cet engagement citoyen sera diversifié dans ses formes, moins il sera perçu et vécu comme une corvée.

Si tel était le cas, et alors qu'il est loin aujourd'hui que chaque jeune qui le souhaite puisse effectuer un service civique, le vif succès que remporte en l’état l'actuel service civique à caractère facultatif - qui pourrait être considéré comme une phase expérimentale assez réussie du service civique pour tous - ne saurait donc que de bien augurer de l’accueil qui pourrait être réservé au nouveau régime. Dès lors, l’enrôlement au service civique obligatoire pourrait être conçu, non dans un sens contraignant, mais comme une ouverture, constituant une étape importante pour l'engagement du jeune dans la société, et comme l’était sans doute un peu le service militaire, en tant que rite de passage à l’âge adulte et d’intégration des jeunes, tant de la France métropolitaine que de l’Outre-mer, à la communauté nationale.

 

 

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